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Logiciel de pricing : Accenture et des constructeurs automobiles mis en cause

Accenture est visé par la plainte d’un développeur de logiciel de pricing,  qui lui avait revendu sa société, pour avoir encouragé ses clients constructeurs automobiles à sur-facturer le prix des pièces détachées de manière inconsidérée, à l’encontre des règles d’anti-concurrence.

Révélée par Mediapart et Reuters, l’affaire implique des groupes comme Renault, PSA et Jaguar Land Rover qui auraient gonflé de plus d’1 milliard $ (850 millions € environ)  leur chiffre d’affaires réalisé sur les pièces détachées sur une période de dix ans.

Comment ? En utilisant Partneo, le logiciel racheté au plaignant et commercialisé depuis par Accenture. L’entreprise de services numériques (ESN) le présente comme un moyen, pour les constructeurs,  d’identifier la valeur du prix des pièces détachées perçues par les consommateurs.
Et les résultats sont impressionnants : jusqu’à 500% d’augmentation dans certains cas selon les documents figurant au dossier de plainte.

Accenture dément des pratiques anti-trust

Les groupes peuvent ainsi “augmenter les prix de vente qui sont inférieurs aux plafonds psychologiquement acceptables”, explique le créateur du logiciel dans le texte de la plainte et estime par ailleurs qu’Accenture porte atteinte à sa réputation en commercialisant et en configurant Partneo d’une manière non conforme aux règles de l’antitrust.

L’ESN dément ces mises en cause, en particulier celles liées à la question de la concurrence. “Les solutions de ce type, qui permettent aux entreprises d’évaluer et de piloter leurs produits, sont très répandues dans toutes les industries. Elles aident les sociétés à analyser la visibilité et la disponibilité des pièces de rechange”, indique son communiqué.

Les constructeurs automobiles cités dans la plainte démentent toute manipulation des prix de leurs pièces détachées. Mais selon les documents destinés à plusieurs clients potentiels, Partneo aide ses utilisateurs à gonfler en moyenne de 10% à 20% le prix de leurs gammes de pièces de rechange.

Selon Reuters,  » Les logiciels de pricing sont aujourd’hui dans le collimateur des régulateurs européens, ceux-ci craignant qu’ils puissent créer dans les faits des situations de cartels, même si l’entente n’obéit pas à la définition traditionnelle de l’accord verbal sur des prix entre deux humains. »

crédit photo © vichie81 – shutterstock

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